Ma grossesse - photographe maternité en Suisse
Voilà 3 mois que ma fille est née. Quelle joie de vous partager sa naissance, après la naissance de mon petit garçon il y a 5 ans par césarienne.
Aucun mot ne sera jamais assez fort pour décrire ce qu’on a vécu. Quelle expérience de fou.
Je vous partage ce que j’ai vécu intérieurement, avec mes mots, ma vision.
 
Lundi matin, j’ai le pressentiment que la naissance aura lieu cette nuit. J’avertis nos amis qui doivent venir récupérer notre petit garçon durant la naissance, qu’il faut gentiment se préparer. Je suis quasi à 39 semaines. Je viens de passer une nuit entrecoupée de contractions et je sens que tout se prépare gentiment. J’ai beaucoup parlé à ma fille cette fin de grossesse pour qu’elle vienne un peu plus tôt, pour ne pas qu’on soit embêtées par un potentiel déclenchement, ce qui me fait très peur avec mon antécédent de césarienne.
Je la sens prête, elle réagit depuis plusieurs jours à chaque fois que je lui parle de ça en me montrant bien sa présence :). De mon côté je me demande ce qu’il me resterait encore à régler pour être 100% prête. Je sens le besoin de passer un dernier coup de fil à ma sage femme pour remettre au clair les points qui sont les plus important pour moi une fois à la maternité. La naissance est prévue en salle nature avec elle, j’ai la chance qu’elle m’accompagne à la maternité pour cette grande aventure. Je lui parle de ces derniers points par rapport à l’intimité que je souhaite, le fait qu’on me laisse seule par moment et qu’on ne me fasse pas sortir de ma bulle. Cet état méditatif qui permet de rester connectée à ce qui est et qui permet de ne presque pas ressentir de douleur. On est toujours bien alignées, je suis apaisée. Je raccroche. 1h plus tard, les contractions redémarrent, mais cette fois je les sens plus que ces derniers jours. J’ai des premières pertes, tout indique que c’est le bouchon muqueux.
 
Une amie de passage dort exceptionnellement à la maison ce soir là (situation idéale pour mon petit garçon). Je me sens ailleurs, je n’arrive pas à me concentrer sur les conversations, mais je continue ma vie presque comme si de rien puis je vais me coucher. Je n’arrive pas à dormir, les contractions m’en empêchent.
Mon conjoint s’endort, je ne dis rien et quand ça devient trop intense pour rester couchée. je vais dans la salle de bain accueillir les contractions. Je sens ma fille bien appuyer en bas, son dos est contre mon ventre, quel bonheur ! Je suis confiante. Et au fond de moi je n’ai aucun doute qu’elle sait (mon petit garçon était en position postérieure pendant toute la naissance et n’a jamais vraiment appuyé sur le col. Naissance qui devait se passer à domicile et qui s’est finalement terminée en césarienne).
Là c’est différent. Plus je sens qu’elle appuie sur mon col, plus je me réjouis. Je fais en sorte de favoriser les positions où je la sens le plus. Vers 2h du matin je commence à douter « Et si je m’étais trompée, et si c’était juste du pré-travail ». En réalité j’ai très peur de l’épuisement car c’est ce qui est arrivé avec la naissance mon petit garçon après 3 nuits blanches de contractions. Je commence à chronométrer. Même si je me rapproche des 5 min, je vois bien que ça reste irrégulier. J’ai besoin d’en parler à mon compagnon (j’avais sous estimé à quel point cette peur allait faire surface). Il me dit qu’il faut lâcher le timer… et il a raison. J’ai un message de ma doula qui me dit de tout lâcher. Après avoir prévenu notre sage femme que le travail a commencé, je décide d’aller me recoucher. Il est 3h30 du matin. J’arrive à m’endormir un peu entre chaque contraction ! Finalement vers 5h45 du matin, je sens que cette fois c’est parti. Tout s’est rapproché, tout est plus intense. J’ai des contractions toutes les 3,5 min. Je suis en joie !!
 
On part pour la maternité avec notre camping-car. On avait pris soin de préparer un petit cocon pour le voyage, on a 45 min. de route. Je suis derrière dans le grand lit, entourée de mes guirlandes, ma musique, etc. Finalement j’adore ce voyage où je suis seule, connectée dans ma bulle. Je n’ai pas envie qu’il se termine.
On arrive sur le parking de la maternité, notre sage femme nous rejoint un peu plus tard. Mon idée était d’arriver le plus tard possible à la maternité. Elle me confirme qu’il n’y aura pas de retour en arrière possible, mon col est ouvert à 5, je suis rassurée et tellement heureuse intérieurement. J’hésite à rester dans le camping-car encore mais ma sage femme me dit que plus j’attends, plus la transition risque d’être dure. Que si j’y vais maintenant je pourrais facilement me remettre dans ma bulle. Elle part préparer la salle. Et je sens que c’est juste pour moi d’y aller. 2ème transition, je garde mes écouteurs et je gère les contractions jusqu’à la salle physio comme s’il n’y avait personne autour de moi. En vocalisant, avec mon conjoint à côté. La sage femme de l’administration de la maternité court vers moi en me demandant si ça va. Je la regarde en hochant la tête avec un grand sourire et on continue à marcher vers la salle physio. J’arrive dans la salle, toujours dans ma bulle. Tout est tamisé. On prend vite nos marques. Je me sens vite chez moi.
Cette fois je sais, je peux TOUT lâcher. C’est ce que je fais. Les contractions s’enchainent. Je perds la notion du temps. Je sens que mon col travaille mais je suis ailleurs. J’accueille chaque vague, avec beaucoup de moment « seule » avec moi même, en connexion avec ma fille.
A un moment je commence à douter, j’ai la sensation que si ça dure encore trop longtemps je ne vais pas y arriver. Je me demande si je suis dans la phase de désespérance. Je ne dis rien et replonge dans ma bulle. Quelques contractions plus tard, j’ai de longues glaires filantes avec du sang. Je sais que c’est un signe de la dilatation complète. Je regarde mon conjoint avec un grand sourire et un profond sentiment de joie et je lui dis « Elle arrive ». Je me souviendrais toujours de notre échange de regard à ce moment là, et de la joie ressentie. « Oui elle arrive ».
 
Juste après je ressens le besoin de me coucher sur le lit, les contractions s’espacent, je m’endors entre chacune. Je suis en plein dans la phase de repos avant la dernière étape. Intérieurement je le sais, ce qui me met dans une joie profonde. Quelle sensation de sentir que mon corps SAIT. Que je n’ai rien à faire.
 
Et puis ça redémarre, je sais que c’est le moment de tout lâcher et de plonger. J’ai énormément préparé cette étape pendant ma grossesse car j’avais beaucoup de peurs liées, mon antécédent de césarienne, moi même qui suit née par Forceps. Avec ma kinésiologue, ma doula, ma sage femme… Et une fausse couche qui avait réouvert le passage. Je me sens prête à 1000%.
Je ne mets pas bien longtemps à lâcher, je n’ai qu’une envie, que ma fille arrive.
Je la sens s’engager dans mon bassin, ça y est elle est là, je ne peux plus marcher, je sens mon sacrum qui s’écarte. Je sais que je n’ai qu’à la laisser descendre. A chaque contraction je me connecte à elle et à mon corps ce qui créé le plus d’ouverture possible. Je suis mon instinct pour la laisser passer. Mon conjoint est connecté à moi comme jamais. Je suis là sans être là. C’est mon « roc », je me suspend à lui dans toutes les positions. Tout s’intensifie, les contractions sont ultra rapprochées. Je me sens connectée à la lionne. Je suis complètement désinhibée, j’entends ce mantra que je me suis répété pendant la grossesse « Je laisse mon corps prendre les commandes ». C’est ce que je fais. Je suis complètement ailleurs.
A un moment j’entends ma sage femme : « Ca monte en puissance, c’est normal ».
Je suis complètement ailleurs, connectée à une puissance inouïe. Les contractions s’enchainent à une vitesse folle. Ce sentiment est indescriptible. J’ai l’impression que tout est en transe autour de moi.
Au bout d’un moment, je sens que quelque chose « coince ». Je suis profondément connectée à mon corps et je sens ma fille buter très fort contre ma symphyse pubienne. Je tente tout pour la faire passer, toutes les positions qui me viennent, mais rien n’y fait, je la sens toujours butter avec force dans ma symphyse. J’ai beau replonger en moi pour trouver la réponse, mon corps me dit juste qu’elle bloque. A ce moment là mes peurs reviennent, pendant 3-4 contractions je pense ventouse et forceps. Intérieurement je sais que plus j’y pense, plus c’est ce qui va arriver. Alors je replonge et je repars. Au fond de moi je me dis qu’elle va passer. Je l’appelle, on l’appelle, je lui dis d’y aller, je reprends différentes positions pour créer le maximum d’ouverture.
 
Finalement au bout d’un moment je sens que quelque chose n’est pas normal, je dis à ma sage femme que j’ai besoin d’aide. Elle voit bien que quelque chose coince. On tente plusieurs choses dont un Rebozo pendant plusieurs contractions pour faire replonger ma fille. Rien y fait. Je donne tout mais je ne la sens plus descendre d’un poil.
A ce moment là je sens que je ne vais pas y arriver comme ça. Ma sage femme me dit qu’il y a peut être quelque chose qui entrave sa descente qu’on ne voit pas et me propose la péridurale. Je sens que je suis à bout de force, ça fait 3h que je donne tout. Je dis les larmes dans les yeux : « ça veut dire césarienne ? ». Ma sage femme me rassure en me disant que pas du tout.
A ce moment là c’est juste pour moi et je suis ok pour la péridurale.
 
S’en suit toute une phase où je ne comprends pas grand chose. Ma fille est dans mon bassin, je peux à peine bouger, je suis transférée dans la salle d’accouchement en face. Bien sûr je sors de ma bulle, je dois tenir dans des positions qui font encore plus butter ma fille. Avec les contractions d’une intensité comme jamais. Ce moment est compliqué. Je passe dans une grande souffrance. La péridurale ne fonctionne pas la première fois. L’anesthésiste revient. Ce temps dure une éternité. Au bout de presque 2h, ça y est la péridurale fait effet et je peux souffler !
 
Peu de temps après ça on se rend compte que ma vessie est archi pleine. Ils vident 1 litre… Ma fille n’arrivait pas à se frayer un passage. Très vite après ça, elle arrive à la porte de mon vagin. C’était JUSTE ça !!!!!
 
Depuis que je suis arrivée à la maternité le matin, j’ai été 1 seule fois aux toilettes alors que j’ai bu plus de 3 litres depuis.. Avant d’aller à la maternité, je me rappelle encore aller aux toilettes toutes les 30 min. Et arrivée là bas plus rien. Je n’y ai plus pensé du tout !!! J’ai essayé à un moment mais sans succès. Je m’étais préparée à tout mais pas à ça. Je m’étais même noté d’aller rapidement aux toilettes une fois bébé sorti car je savais que je n’aurais pas beaucoup de temps pour que le placenta sorte de lui-même.
 
Bref. Au final je me suis retrouvée transférée dans la MEME salle d’accouchement que mon petit garçon. Avec le même tableau. Moi épuisée, mon conjoint qui déconnecte, bébé remonté, col qui se referme. J’ai vu la césarienne arrivée… et tout le monde qui paraissait douter. Moi la première. J’ai eu un moment où j’ai faillit lâcher, et j’ai trouvé la force de switcher. J’ai dit à mon conjoint de se reconnecter, qu’on allait faire remonter l’ocytocine, de me masser, de me donner du sucre…
Et quand on a vu que ma fille était juste là j’ai tout donné. La sensation de la poussée réflexe est ENFIN arrivée, avec une irrépressible envie de vomir. Après ça ma fille est finalement née rapidement. Tous nos souhaits ont été respecté ensuite. Clampage du cordon, placenta, ne pas faire d’examens tout de suite, avoir ma fille contre moi. Elle est sortie avec tellement de sérénité. Je me rappellerais toute ma vie de ce moment que je n’avais pas pu vivre avec mon petit garçon. Cette sensation, ce peau à peau, son regard, sa peau…
 
Finalement tout s’est bien terminé. Dans les faits on peut avoir l’impression que c’était une naissance compliquée avec cette dernière étape qui ne s’est pas passée comme prévu.
Dans ce que je ressens c’est tout le contraire.
Ce que j’ai vécu est indescriptible… Transcendant. Je me suis sentie connectée comme jamais, traversée par la vie, connectée aux femmes sauvages. MAGIQUE.
Les intentions que j’avais posé pour cette naissance : Connexion à ma fille, Connexion à mon corps, Connexion à la vie et Joie.
C’est exactement ce que j’ai ressenti tout du long.
 
Je me sens remplie d’une puissance indescriptible. Mon conjoint a aussi senti cette connexion. On a l’impression d’avoir vécu une expérience tantrique de haut niveau !
Et je crois que cette sensation s’est ressentie beaucoup plus loin. Ce jour là, le temps était comme suspendu dans la maternité. On était dans notre bulle avec notre sage femme.
 
Finalement le lendemain, la gynécologue en cheffe du service de la maternité, que j’avais vu et qui a accepté ce projet d’AVAC en salle physio avec ma sage femme (MERCI), lui a dit que c’était bien que ce projet ait pu avoir lieu pour le choix des femmes.
La sage femme en chef a également dit à ma sage femme indépendante de revenir plus souvent pour des naissances.
 
De mon côté je bénis cette expérience. Une partie de moi aurait trop envie de la refaire.
Avec le recul, le seul « problème » que j’ai eu durant ma grossesse c’est ma vessie. Elle m’a pas mal embêtée car ma fille appuyait d’une manière qui faisait que je n’arrivais pas à la vider entièrement. Je suis restée sur le fait que c’était un problème physique. Que j’arrivais plus ou moins à gérer avec l’ostéo. Mais en y repensant, il y a déjà eu des problèmes de vessie qui « bloque » dans ma famille. Finalement j’ai eu exactement le même problème pendant la naissance. Je savais qu’en faisant le choix de donner naissance à la maternité, j’avais des défis à prendre compte que je n’avais pas à domicile. Mais finalement la vie m’a certainement amenée là où je devais aller.
Avec en prime, la guérison de la naissance de mon petit garçon dans cette même salle de naissance 💛
 
Cette expérience est de loin une des expériences la plus incroyable que j’ai vécu. Ce ressenti indescriptible et cette MAGIE de la vie à l’état pur.
Merci merci merci à toutes ces personnes incroyables qui m’ont accompagné durant cette grossesse et après, et tout particulièrement à ma sage femme qui a permis de rendre cette merveilleuse naissance possible.
Naissance de ma fille, et naissance de « moi » à un autre niveau. MERCI.
 
 
 
 

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